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LES COMPLICATIONS DE LA CHIRUGIE DE L ‘OBESITÉ

Les différentes interventions possibles vous ont été expliquées. Avant de vous opérer, il est de la responsabilité de votre chirurgien de s’assurer que vous ayez bien compris les risques que comporte cette intervention. Les complications sont rares mais elles doivent être reconnues et traitées le plus tôt possible car elles peuvent avoir des conséquences graves, et parfois mortelles.

1. Les complications médicales

L’épreuve que représente l’intervention pour l’organisme peut chez les patients prédisposés provoquer des problèmes cardiaques.
Malgré toutes les précautions (bas, anticoagulants) pour éviter les phlébites (caillots de sang dans les veines des jambes), il peut arriver qu’elles se forment et qu’une partie du caillot sanguin se détache et bouche les vaisseaux des poumons : c’est l’embolie pulmonaire. L’embolie pulmonaire, qui survient dans 1% des cas, peut être de petite taille et ne pas être remarquée, ou être massive et entraîner la mort.
Par peur de la douleur, les patients ont tendance après l’opération à ne pas respirer profondément, ce qui favorise les infections pulmonaires. Elles surviennent rarement mais nécessitent un traitement antibiotique. La kinésithérapie respiratoire avant et après l’intervention diminue ce risque.

2. Les complications opératoires

Pendant l’intervention, il peut arriver que l’on blesse certains organes :

œsophage, estomac, rate, foie, intestin grêle, colon, vaisseaux sanguins.

 

Une blessure de la rate peut entraîner un saignement important nécessitant une transfusion sanguine. Parfois, la seule façon d’arrêter le saignement est d’enlever la rate. Il faut alors prendre des antibiotiques pendant deux ans après l’intervention pour éviter certaines infections.
Les blessures du tube digestif pendant l’opération ne sont en général pas graves si elles sont vues tout de suite. Si elles ne sont pas vues tout de suite elles provoquent une péritonite, qui nécessite une nouvelle opération et souvent une prise en charge en réanimation.

3. Les complications liées à la voie d’abord

L’intervention aura lieu sous coelioscopie. Cela veut dire que le chirurgien travaillera en passant ses instruments et une caméra par de petites incisions, et en regardant sur un écran. Il y a un risque au moment de la mise en place des instruments de blesser l’intestin grêle, le colon ou un vaisseau sanguin.
Afin de pouvoir opérer, votre cavité abdominale sera gonflée par un gaz, le dioxyde de carbone (CO2), qui sera évacué dans sa quasi-totalité à la fin de l’intervention : c’est le préalable obligatoire à la coelioscopie.

La présence de ce gaz dans votre abdomen peut être responsable de douleurs dans les épaules pendant les 2-3 premiers jours qui suivent l’intervention. Ces douleurs sont sans gravité et disparaissent spontanément. Si le gaz s’introduit dans la plèvre (pneumothorax), il peut être nécessaire de mettre un drain thoracique. Si le gaz s’introduit dans un vaisseau sanguin (embolie gazeuse), des mesures de réanimation peuvent être nécessaires.
Au total vous aurez cinq voire six cicatrices : 3 de 10 mm et 3 de 5 mm, situées entre le nombril et le rebord des côtes.
En cas de mauvaise cicatrisation de la paroi abdominale, ces cicatrices peuvent être le siège d’une éventration précoce ou tardive, qui nécessite un traitement chirurgical (mise en place d’une plaque)
Si une anse intestinale (un bout d’intestin) se coince dans une éventration, on parle alors d’éventration étranglée. Il faut alors opérer en urgence à cause du risque d’occlusion et de souffrance de l’intestin.

En cas de mauvaise cicatrisation de la peau à cause d’un hématome ou d’une infection de la paroi, il peut se former un abcès sous la peau, qui devra être évacué. Il faudra pour ça enlever les fils plus tôt et éventuellement mettre une mèche dans la cicatrice pendant plusieurs jours.
En cas de problème pendant l’intervention il peut arriver qu’une conversion en laparotomie soit nécessaire, c’est à dire un abandon de la cœlioscopie et la réalisation d’une grande incision au milieu de l’abdomen

4. Les complications chirurgicales précoces

Dans les jours qui suivent l’intervention, il existe essentiellement deux types de complications.
Dans 1 à 2 % des cas, il peut survenir (dans la très grande majorités des cas(80%) cela se passe dans les 72 premières heures) une fuite sur l’une des sutures digestives, appelée fistule :cela veut dire que le contenu du
tube digestif (estomac ou intestin grêle) coule dans la cavité abdominale. Il en résulte une péritonite puis un choc septique si on ne réopère pas rapidement. La gravité de la fistule dépend du temps que l’on met à la découvrir. C’est pour ça que toute anomalie durant les 30 jours qui suivent l’intervention doit être signalée à votre médecin ou à votre chirurgien sans attendre (fièvre, transpiration, essoufflement, accélération du rythme cardiaque, baisse de tension). Attention, il peut y avoir une fistule sans douleur abdominale.
Le risque de fistule est deux fois plus élevé si le(a) patient(e) a été porteur d’un anneau.
En cas de grave fistule, il se peut que vous soyez transféré à l’hôpital dans le service de gastro entérologie ou en réanimation, à Lorient ou à Nantes.
Toutes les options de soins ne sont pas disponibles à la Clinique du Ter.
Il peut y avoir un saignement (hémorragie) de l’une des lignes de suture.
Le saignement peut avoir lieu dans l’abdomen et nécessiter une ré-intervention ou avoir lieu dans le tube digestif et nécessiter une endoscopie.
Si la perte de sang est importante il peut y avoir une transfusion sanguine.
Des déficits aigus en vitamine B1 (thiamine) peuvent survenir dans la période post-opératoire en cas de vomissements répétés et provoquer des troubles neurologiques avec comme symptômes des fourmis dans les
membres et des déséquilibres. Tout vomissement prolongé doit être signalé.

5. Les complications chirurgicales tardives

Dans le bypass, pas la sleeve:
Les ulcères de la suture entre l’estomac et l’intestin grêle sont présents dans 5% des cas. Ils peuvent provoquer des douleurs ou un rétrécissement (une sténose) de l’anastomose ou un saignement (vomissement de sang rouge ou extériorisation de méléna c’est à dire de sang digéré). L’ulcère marginal, se traite bien avec des médicaments appelés inhibiteurs de la pompe à proton (IPP). Il se prévient par l’arrêt complet et impératif du tabac, de toutes boisson alcoolisée et notamment d’alcools forts, et l’interdiction de prendre si possible des anti-inflammatoires.
Dans le bypass, pas la sleeve:
Un rétrécissement (moins de 1% des cas) ou sténose de la suture entre l’estomac et l’intestin grêle peut nécessiter plusieurs séances de dilatation par endoscopie, ce qui guérit ce problème.

 

Chez certaines personnes le bypass(mini ou traditionnel) peut favoriser par trouble du métabolisme calcique en rapport avec la vitamine D, l’apparition de calculs dans les reins et les urines. Pour prévenir ce risque il sera impératif de boire régulièrement de grandes quantités d’eau, d’éviter le chocolat et le thé.
Des calculs dans la vésicule biliaire apparaissent dans 30% des cas de patients opérés de bypass et même de la sleeve. Pour cette raison, en cas de diagnostic connu avant l’intervention de calcul dans la vésicule (lithiase) il est impératif de programmer avant ou après le bypass l’ablation de la vésicule (cholécystectomie). Si les calculs apparaissent au cours de l’amaigrissement souvent dans la première année, il faut programmer la cholécystectomie également pour vous mettre à l’abri de complications même si ces lithiases ne sont pas douloureuses. La prise de fluidifiant biliaire est ainsi impérative au cours de la première année : ce médicament
fait chuter le risque d’apparition de calculs biliaires à 5%. Il vous sera donné en post opératoire pendant 6 mois.
Une occlusion intestinale est possible, même plusieurs mois ou années après l’intervention. Il peut arriver à cause de la dérivation interne un phénomène de torsion des intestins, d’apparition brutale et non prévisible.
Cela provoque des douleurs aigues mais parfois plus sourdes, et des vomissements. Souvent, une nouvelle intervention chirurgicale doit être réalisée en urgence pour remettre les intestins en ordre. Dans tous les cas, il faut toujours évoquer des symptômes anormaux avec votre médecin. Cesocclusions sont rares après mini bypass, 0,5 à1% des cas (5 à 8% dans le bypass traditionnel)
En cas d’amaigrissement excessif ou de carence en protides trop importante la solution de la réversibilité de l’opération peut être une option assez facilement réalisable dans le bypass au cours d’une opération par coelioscopie.
Le minibypass peut favoriser chez certains patients l’apparition d’un reflux de bile de l’estomac vers l’œsophage (reflux gastro-oesophagien bilieux).
Ce reflux peut entraîner une irritation chronique de l’estomac. Lorsque le reflux est trop important et trop gênant (2 % des patients), il faut transformer le minibypass en bypass. Cette transformation est une opération simple par coelioscopie. Elle guérit la sensation de reflux.

6. Les carences en vitamines et minéraux

Dans le bypass, pas la sleeve:
elles sont incontournables avec cette intervention. Personne n’y échappe malgré une alimentation équilibrée, elle sont liées au montage chirurgical. Un bilan biologique normal ne dispense pas de la supplémentation aux vitamines car les carences ne peuvent arriver que plusieurs dizaines d’années après la chirurgie. Ne pas attendre la fatigue, de perdre ses cheveux, ses dents, de faire un fracture des os du poignet ou de la hanche pour prendre les vitamines. Ces médicaments n’ont pas d’effet secondaire.
Si vous choisissez de faire un bypass, vous acceptez de prendre des vitamines tous les jours (2 cachets) durant toute
la vie, et acceptez d’être surveillez par des prises de sang tous les ans.
Les déficits les plus courants sont les déficits en fer (anémie), en calcium, en vitamines B12,D,B1,B6.